Accueil | Bibliographie de Robert Badinter »

02/01/2009

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Très cher Robert BADINTER

Toute votre vie est un exemple auquel je ne peux que dire :
Merci d'exister !

Permettez toutefois à l'humble préhistorien que je suis d'émettre une réaction à l'une de vos déclarations :
« Le premier homme conçu non pas par la volonté de Dieu, mais issu de la procréation est Caïn, qui a tué son frère. Le premier homme fut donc un assassin et un fratricide ».

Ou bien cette proposition s'adresse à une "élite" qui connaît la laïcité inconditionnelle de votre immense culture et peut, donc, replacer ce message dans son contexte en toute connaissance de cause.
Ou bien, lors des interviews diffusées par les médias, vous vous adressez à l'ensemble des auditeurs, des lecteurs ou des téléspectateurs du "grand public" qui peuvent prendre cette déclaration au premier degré, sous couvert de l'autorité morale que vous représentez.

Or, le grand public n'est pas forcément informé que, contrairement aux idées reçues, toute la préhistoire humaine montre aujourd'hui que le premier homme ne fut ni un assassin ni un fratricide, bien au contraire !
Nous possédons même aujourd'hui toutes les traces squelettiques et archéologiques, datées de plusieurs centaines de milliers d'années, qui appuient l'hypothèse selon laquelle les premiers hommes n'auraient pas survécu sans une organisation sociale positive fondée sur l'entraide, la coopération sociale et la protection des plus faibles. En témoignent certains squelettes avec des traces de fractures anciennes ou de rhumatismes très avancés, comme le célèbre crâne de l'homme de Cro Magnon, par exemple.
Les traces les plus anciennes de traumatismes meurtriers sur des squelettes humains "ne" remontent "qu" il y a dix mille ans (environ) au Djebel Sahaba en Égypte et "seulement" il y a quatre mille ans dans l'hypogée de Roaix dans le Vaucluse...
On y trouve alors les plus anciennes fractures ayant entraîné la mort ou des pointes de flèches fichées dans les os.
Cela coïncide avec l’invention du concept de la propriété du sol par les premiers sédentaires, que l’on considère encore trop souvent comme les premiers hommes…

Quant aux plus anciennes sépultures humaines, datées d'il y a plus de cent mille ans au Proche-Orient, l'extrême abondance de pollens de rosacées (donc de fleurs) conservés sous certains squelettes et, parfois, les os d'un gigot de mammifère posé "comme une offrande" sur l'homme inhumé, témoignent en faveur de préoccupations de ces hommes sur "l'au-delà" de la mort et réfutent les idées reçues sur leur prétendue bestialité...

En renouvelant l'admiration que je porte à l'oeuvre de toute votre vie, je vous prie d'accetper, cher Robert Badinter, l'expression de mon plus profond respect.

Michel LEPOT
mlepot@aol.com

Professeur de biologie-géologie retraité depuis 2006
DEA de Préhistoire en 1995 à l'Université Paris 10 Nanterre et dans l'Équipe de Recherches Archéologiques 28 (Préhistoire et Technologie) du C.N.R.S.

Monsieur,
Je vous remercie vraiment d'avoir, en 1981, permis d'abolir la peine ignoble qu'est la mise à mort.
Aujourd'hui encore le débat est ouvert et les arguments simplistes ou faussement terre à terre qu'utilisent les opposants de cette abolition sont toujours les mêmes : révoltants à en perdre les mots ! merci de les avoir trouvé...
Je ne trouverais, de toute façon, pas les mots qui définissent exactement l'admiration que j'ai pour votre oeuvre.
J'aimerai énormément pouvoir vous rencontrer pour que vous m'expliquiez comment vous avez vécu la période des débats qui a du être très difficile... je suis trop curieuse et j'ai conscience que ça ne se fera sûrement pas mais vraiment ce récit doit être passionnant !
Je n'étais pas née et pour beaucoup de jeunes de mon âge ce débat n'existe plus et pourtant...
Merci encore

Comment devient-on Robert Badinter et pourquoi aucune personnalité politique n'y arrive ou ne le veut?
Merci pour tout

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.